Groupe de garage rock anglais, The Kills est né de la réunion de deux improbables binômes, qui, à priori, n’auraient jamais du se rencontrer, un grand pan d’Atlantique séparant , à la base, Jamie Hince (de Londres) et Allison Mosshart( de Floride). Pourtant, Allison, alors à ce moment chanteuse du groupe punk “Discount”, entend un soir Jamie répèter dans sa chambre d’hôtel, juste au dessus d’elle. Lui aussi, à cette époque, fait partie d’un groupe : Scarfo.
Malgré la distance commence une histoire d’entente musicale, les deux artistes s’envoyant patiemment leurs enregistrements par délà les kilomètres. Après un long moment d’échanges musicaux; Allison décolle finalement des USA pour rejoindre Jamie à Londres.
Enlevez la musique et vous avez là le scénario classique d’une histoire d’amour à l’eau de rose, sauf qu’ici le son est bien présent et la rose plutôt noyée dans le bourbon. Il semble y avoir une vraie alchimie entre ces deux là et Allison le dit elle même : “Nous sommes des âmes soeurs”, semblant stupéfiée par leurs nombreux points communs.
Maintenant, en interlude, permettez moi d’émettre des doutes au sujet d’une certaine “intégrité musicale et personelle” que le groupe revendique. Si je le fais, ce n’est pas uniquement parce que je suis une connasse qui critique tout et n’importe quoi mais aussi pour des raisons qui me semblent un peu logiques quand on y réfléchit.
En effet, s’il est bien connu que “The Kills” accordent peu d’interviews et disent conserver une attitude “anti-carrière” et “anti-industrie musicale” , on est en droit de se demander si tout simplement il ne s’agit pas ici d’un beau “fuck” bien marketing-isé comme tant d’autres groupes, encore et encore, nous en envoient dans la gueule tous les jours. Dire refuser “le grand système de masse de notre société actuelle” tout en jouant des showcases privés pour Chanel et en faisant front-row chez Galliano ne revient il pas ” un peu” à prendre les gens pour les moutons qu’ils sont?
Je ne parle même pas des surnoms “VV” et “Hotel”, tellement plus tendances, qu’ils se sont attribués, ça me fait doucement rigoler, mais c’est sans aucun doute du pain béni pour “Purple Fashion” et autre “Vogue Magazine” pour lesquels ils s’empressent de poser dans leurs plus beaux atours. En même temps, imaginez qu’ils s’appelent Jean-Philippe et Chantal et tout d’un coup oui, ça perd un peu de son aura c’est sûr…
Cette petite note amère mise à part, je reviens sur le sujet principal , à savoir la musique, dont, tout simplement, je n’arrive plus à me passer pour le moment et je pense que c’est là le principal quand on parle d’un groupe. De “Tape Song” à “Last day of magic” en passant par “URA fever”, chaque note de “Midnight boom”, leur dernier opus, m’électrise au plus haut point et me donne envie de monter dans la ford Mustang que je n’ai pas, accompagnée d’une bouteille d’alcool (que j’ai) et de rouler très vite, dans le noir , et sans phares de préférence. Bon, ça ne change pas réellement de ce que j’ai envie de faire d’habitude mais rien que pour le sentiment procuré à l’écoute du cd, je leur dit Merci. Merci!
Et j’arrive même à passer au dessus des quelques détails embêtants dont je vous ai parlé plus tôt.Et ça pour ceux qui me connaissent, c’est pas rien, étant donné que je suis une grosse tronche de mule et que quand j’ai décidé que “c’est nul”, je reviens rarement en arrière. Tout blanc, tout noir, jamais gris. Et rien à foutre en plus.
Donc voilà, en résumé: Oubliez les magazines débiles, les surnoms et les jolis habits, écoutez l’album, réécoutez le encore une fois, deux fois, trois fois même pour être bien sûr que vous avez tout entendu, toutes les influences, les détails, les petits bruits, les variations,… Allez les voir en concert, sautez, dansez, buvez et baisez. Je crois que c’est bien ça qu’on appelle vivre, non?



