
J’ai eu une éducation réfractaire au plaisir. “Ne mets pas ça” , “Ne fais pas çi”, “C’est sale”, “T’as vu comment t’es fringuée”, “Mange pas ça, tu vas grossir”.Evidemment, moi qui me demandait pourquoi je ressens toujours le besoin de tout foutre en l’air et de faire exactement l’opposé de ce qu’on me demande…J’crois que je laisserais mes gosses faire de la peinture avec leur propre sang si ça peut leur éviter des frustrations futures…
Ma génitrice m’ayant récémment avouée s’être rendue compte il y a peu “avoir légèremment exagéré“en ce qui concerne les principes à la con (car oui, les principes sont, par principe, cons), mon frère et moi nous sommes rendus compte de tout ce que cela a engendré pour nous…Je pourrais toujours vous expliquer comment pourrir un dîner familial en racontant vos expériences aux champis hallucinogènes à votre génitrice mais je ne crois pas que ce soit une bonne idée…ou alors vous parlez des tendances pyromanes de mon frère et moi qui nous ont quasiment fait brûler la maison (mais on a quand même essayer de la sauver avec un seau d’eau et un tuyau d’arrosage-véridique-).
L’autre jour, avec un ami, on discutait des sacro-saintes “valeurs morales”.Ca a donné un jeu du style “Qu’est ce que tu ferais si…? Tu trouvais un portefeuille à terre, un passeport, un mec agonisant sur le sol,…
(*Hii, j’shote dedans tiens!*)
J’établis donc une liste non-exhaustive de mes connasseries non-maniérées parmi lesquelles certains se reconnaîtront sans doute…
- Je suis bordélique.J’invente toujours des excuses crétines pour ne pas faire venir les gens chez moi.Je n’ai pas envie de ranger mais j’ai toujours envie qu’on me prenne pour une “fille bien” (re-merci sainte mother). Je sais, l’idée de la “fille bien” est assez vague mais je chercherais toujours à m’en rapprocher, peu importe ce que ce terme signifie réellement. Notez que la seule personne autorisée à régulièrement venir chez moi est ma pétasse qui, elle, classe ses fringues par dégradés de couleurs.Paradoxe, mon amour.
- Faire tout le contraire de ce qu’on me dit (“Il a dit prendre à droite, on va à gauche?”)
- Vouloir avoir raison.Tout le temps.Même quand je sais pertinement que ce n’est pas le cas, on s’en fout (oui, “on”, moi et ma cervelle gélifiée par la bêtise en conserve.Si je continue à être seule, je vais finir par me parler à la troisième personne,aussi j’aurais des chats partout).
-Je fais des choses bêtes et inutiles mais qui m’amusent. Par exemple, appeller 3 fois par jour ce client au boulot sans aucune raison valable mais juste parce qu’il a un nom génial.Ca donne : “Bonjour, madame, je pourrais parler à Marc Jacobs s’il vous plaît?”.Ca me fait tripper.Lui sans doute moins.
- Je ne dis pas toujours la vérité…mais je ne mens jamais complètement.Je choisis juste d’oublier les détails dérangeants (pour moi).Exemple : “Maman , je t’ai emprunté tes lunettes Chanel, je te les rends la semaine prochaine.” Ca n’arrivera pas, je les ai perdues et j’essaie juste de me donner du temps pour qu’elles oublient ses Chanel.Ce qui ça non plus n’arrivera pas.
-Si je trouve un portefeuille en rue, j’appelle le propriétaire pour lui dire que j’ai trouvé son portefeuille…après l’avoir délésté de ses sous (oui je n’ai aucune valeur morale).Mais j’suis quand même à moitié honnête non? Non.Ok d’accord.
- Je teste mes limites et celles des autres, tout le temps, sans arrêter. D’où le pourquoi du comment je me retrouve toujours embarquée dans des histoires d’amour-haine à la con ou je m’auto-flagelle de passion destructrice, je me retrouve sur des îles désertes indonésiennes ou dans le bush australien à ramasser des courgettes (véridique aussi), je n’ai pas de vrai chez-moi, pas de boulot fixe, je…
Je crois que je suis fatiguée…Enfin ouimaisnon je crois aussi que je vais continuer comme ça, c’est bien aussi.De toute façon, si tu m’achètes un labrador avec un jardin et un bébé à côté, je vais quand même finir par les manger.On est une connasse ou on ne l’est pas, c’est ainsi.J’assume jusqu’au bout.
Music : The Kills – “Fried my little brains”










